J'avais déjà eu l'occasion de m'émouvoir (les mouvements de l'âme) du comportement incompréhensible d'une chambre de la cour d'appel statuant en matière correctionnelle. Je n'imaginais pas que ce phénomène avait pris une telle ampleur qu'elle a réussie à mobiliser l'ensemble des barreaux de cette cour d'appel. Cela représente les avocats de sept départements. Cette mobilisation a donné lieu à une protestation officielle de la part de représentants de notre profession auprès des plus hauts magistrats de la cour. Il a été décidé en assemblée générale de faire la grève des audiences de cette chambre, tant qu'une solution ne serait pas trouvée. Si j'utilise le terme solution, c'est qu'il n'a pas la même acception pour les magistrats et pour les avocats que nous sommes. Pour ce qui concerne les avocats, la revendication est simple : il faut que les magistrats de cette chambre changent. Pour leur hiérarchie locale, il est évidemment hors de question d'envisager une telle option. Ceci étant, et quel que soit le sort qui sera donné à ce mouvement, je pense sincèrement que les avocats ont fait ce qu'ils avaient à faire, et que le but est atteint. En effet, le mouvement a pris une telle ampleur, que même s'ils s'en défendent, les magistrats de cette cour seront obligés d'en tenir compte. Cela est si vrai que le plus haut magistrat de cette cour a proposé aux avocats une période d'observation de 45 jours au terme de laquelle nous pourrions, ensemble, vérifier que le message était passé (sic) et c'est bien là que nous retrouvons l'essence même de notre métier : être les sentinelles de vos libertés individuelles. Nous n'avons pas accepté que s'institutionnalise une répression aveugle, que parfois rien ne justifiait. C'est faire oeuvre de défense que de s'unir pour dénoncer ce qui peut s'apparenter à de l'arbitraire. Notre système judiciaire a été créé pour partie par des avocats. Ils n'imaginaient pas que ces derniers restent sans broncher à l'évocation d'une pareille injustice. C'est parce que les avocats ont été imaginés comme étant des personnages forts de l'institution judiciaire, que nous nous devons de le demeurer.


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