il est rare que tous les intervenants d'un procès soient unanimes sur un verdict de cour d'assises. Il est malheureusement de plus en plus fréquent de constater que cette unanimité se fait sur un constat d'échec.

J'ai passé une bonne partie de ma journée dans la voiture, et j'ai donc  entendu sur les ondes  les différents avocats qui avaient pu intervenir dans ce procès.

Pour un avocat de la défense, il parle de loterie judiciaire.

 Pour l'avocate des victimes, elle parle d'un profond gâchis et d'un sentiment qui va à l'encontre de la justice.

De quelque côté que l'on se place, cette procédure semble être la démonstration d'un naufrage.

Car de deux choses l'une, ou bien, comme la cour l'a dit, 10 de ces accusés étaient innocents, et alors il est insupportable d'imaginer qu'on ait traîné ces jeunes devant une cour d'assises, après leur avoir fait subir de la détention provisoire ou des contrôles judiciaires.

Si au contraire la cour d'assises s'est trompée, elle a commis une faute grave à l'endroit des victimes.

Lorsque l'on regarde un peu les ingrédients de cette procédure, on ne peut pas s'étonner d'un tel échec.

Une instruction qui a duré sept années ! Un procés qui intervient plus de 10 ans après les faits !

Je me suis toujours posé la question de savoir comment pouvait-on oser sérieusement  demander un témoin ce qu'il a vu 10 ou 12 années auparavant.

C'est alors que le procès devient un mauvais théâtre, où chacun semble vouloir jouer son rôle en y croyant pas vraiment. Il faut sauver les apparences mais nous ne sauverons que cela.

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J'ai déjà eu l'honneur de défendre une victime de ce que l'on a communément l'habitude malheureuse d'appeler une tournante. En entendant les comptes-rendus d'audience de ce procès pour ces deux jeunes filles, je revoyais ma jeune cliente assaillie par des questions extraordinairement blessantes.

Je n'arriverai jamais à comprendre comment on peut se mobiliser avec autant de moyens et de force pour protéger nos biens, et fort peu se préoccuper des atteintes à l'intégrité physique de nos enfants.

Il me semble pourtant que je préférai 100 fois qu'on me dérobe mon portefeuille, plutôt que l'on touche à un cheveu de mes enfants.

Je suis évidemment  persuadé que chacun d'entre nous partage ce sentiment.

Alors que dire de cet appareil judiciaire qui n'est pas en mesure d'être en correspondance avec les priorités de ses citoyens. Le manque de moyens n'explique pas tout.

Des victimes de faits aussi graves ont le droit de voir leur affaire traitée dans un délai raisonnable. Elle partage ce droit avec les accusés.

Ce qui est finalement le plus rageant c'est de se demander ce qu'aurait été ce procès s'il s'était tenu deux ans après les faits.


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