J’ai déjà eu, il y a quelque temps, l'occasion de vous faire part de mes impressions lorsque je pénétrais à l'intérieur d'une maison d'arrêt.

Il ne s'agit pas pour moi aujourd'hui de faire du sexisme, mais de vous parler de cette impression si particulière que l'on rencontre lorsque l'on pénètre dans le quartier des femmes d'une maison d'arrêt.

Il est toujours choquant, même si cela ressemble à un préjugé, de voir une femme incarcérée. Pourtant, l'histoire nous a depuis longtemps enseigné qu'il existe des femmes criminelles qui sont capables de commettre d'ailleurs des faits aussi graves que ceux qui peuvent être reprochés aux hommes.

Mais dans l'esprit commun, une femme reste toujours une mère, et l'on a du mal à la voir incarcérée, privée de liberté.

L'ambiance dans les maisons d'arrêt de femmes n'est pas du tout la même que celle que l'on rencontre dans des lieux de détention pour hommes.

La première chose qui frappe c'est qu’au contraire des maisons d'arrêt masculines, où les hurlements et les bruits sont omniprésents, il existe une sorte d'ambiance relativement feutrée dans une maison d'arrêt de femmes. Les bruits n'y sont pas aussi insupportables.

J'ai accédé il y a quelques heures au quartier femmes de la maison d'arrêt de Nîmes, et c'était l'heure de la promenade.

Là aussi, rien à voir avec une promenade dans une prison d'homme ou tout est sujet à invectives, insultes, ou bagarres.

L'ambiance est manifestement plus calme, même si elle n'en est pas moins lourde. C'est encore plus prégnant dans une maison d'arrêt où il y a un quartier féminin, puisque la comparaison est immédiatement faite avec le reste de la maison d'arrêt qui, elle, est réservée aux hommes et qui ne fonctionne pas du tout de la même manière.

Pour avoir interrogé ma cliente, elle me confirme que les situations d'insécurité ne sont pas du tout vécues de la même manière.

Il semblerait que la solidarité soit plutôt le maître mot des détenues femmes, et elles ne rencontrent  pas les problèmes importants de rackets et autres menaces que peuvent vivre les détenus masculins.

La femme que je suis allé voir est pourtant poursuivi pour avoir commandité l'assassinat de son mari.

 Ce n'est pas une mince affaire, loin s'en faut, mais on a du mal, en la regardant, à pouvoir considérer ou imaginer qu'elle a pu commettre les faits qui lui sont reprochés, qu'elle a pourtant reconnu.

Finalement, la criminalité féminine heurte notre entendement commun.

Il ne faut pas non plus sombrer dans l'angélisme et penser que les maisons d'arrêt de femmes sont des lieux de villégiature tout à fait agréable. Elle me confirme que les menaces peuvent exister, qu'il faut faire attention à qui l'on parle, et que le quartier femmes fonctionne aussi avec des chefs qui imposent en quelque sorte leur loi.

On dirait que les femmes ont depuis fort longtemps compris que c'était dans la solidarité qu'elle pouvait trouver leur salut et dans l'entraide et certainement pas en continuant à  l'intérieur d'une maison d'arrêt à vivre des combats incessants et parfaitement stériles.

De là à dire qu'il s'agit là encore de la démonstration du caractère manifestement plus évolué des femmes sur les hommes, il n'y a qu'un pas, que  je vais me faire une joie de franchir !


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