J'étais tranquillement en train de me faire abreuver de mon lot quotidien d'angoisse en regardant le journal télévisé lorsque j'ai eu la stupeur de tomber sur un reportage qui faisait état d'une proposition de loi déposée par un député visant à interdire  la possibilité de résider à l'année dans les campings municipaux. Au cours d'un reportage, on voyait ce député expliquer très sérieusement que sa proposition de loi été déposé pour faire en sorte que les campings municipaux ne puissent devenir des bidonvilles. Il me semble, monsieur le député, que vous êtes un représentant du peuple. Mais quel peuple représentez-vous ? Pensez-vous véritablement que les gens qui vivent à l'année dans un camping le font par choix ? Ne pensez-vous pas qu'il s'agit là pour eux de la seule alternative à une précarité encore plus grande, voire à une vie dans la rue ? Interdire à ces gens de résider à l'année dans un camping, sous une tente, en proie au froid et à la pluie, pour les conduire finalement dans la rue donne de votre fonction une image bien curieuse. Il eût été peut-être plus intéressant d'envisager de déposer une proposition de loi permettant de considérer que les gens qui vivent à l'année dans un camping sont des gens pour lesquels la société n'a pas été en mesure de leur offrir un logement, et de faire en sorte qu'il puisse bénéficier de la loi et du droit au logement. S'agit-il, une fois encore, d'une proposition à visée électoraliste, qui n'a pour seul but que d'aller chercher les voies d'une droite extrême qui n'a de cesse d'être courtisé ? Je vous demande, l'espace d'un instant, de vous mettre à la place de la personne qui dans sa tente, regarde la télévision, et vous entend vous exprimer comme vous l'avez fait. Quel mépris ! Quelle absence totale d'empathie ! Sachez, Monsieur le député, que si vous représentez des citoyens, je suis loin de me retrouver dans la position que vous avez pu prendre. Votre proposition de loi nous éloigne un peu plus de l'humanité et il me semble que c'est là le contraire de la fonction qui est la vôtre. Pardonnez-moi si je ne vous nomme pas, mais je n'ai même pas retenu votre nom. Je forme le voeu qui ne s'inscrive pas dans l'histoire.


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