L’occasion n'est pas si souvent fréquente de pouvoir sourire à une audience correctionnelle.

J'ai eu, ce matin, l'occasion d'assister une personne devant le tribunal correctionnel d'Avignon pour une affaire un peu particulière.

Cet homme est marié et a trois enfants, mais va faire la rencontre à son travail d'une jeune femme qui va le séduire. Il tombera éperdument amoureux de cette femme à qui il promettra tout, et bien évidemment de quitter son épouse. Pourtant, il n'en avait jamais eu l'intention, essayant, comme c'est souvent le cas dans ces situations, de gagner du temps.

Mais la maîtresse se fait de plus en plus pressante, et lui se retrouve de plus en plus coincé et empêtré dans ses mensonges.

Il va lui indiquer qu'une procédure de divorce est en cours mais que cette dernière prend du temps, parce que son épouse n'a de cesse de multiplier les recours et de faire appel notamment de la décision qui avait prononcé le divorce.

Au bout d'un moment, la maîtresse ne se contente plus de ces belles paroles, et réclame des écrits. C'est là que le bas va blesser.

Pris de court, l'homme va, à la va-vite, rédiger un document de divorce qu'il va créer de toutes pièces, inventant pour les besoins de la cause une cour d'appel à Avignon, alors qu'elle n'a jamais reçu qu'un tribunal de grande instance…

Il pensait que ce document lui permettrait de gagner encore un peu de temps. Rien n'y a fait. La maîtresse va donc exiger la justification de la transcription de ce divorce sur les registres de l'État civil.

Sur l’acte de mariage officiel, il va donc rajouter une mention de divorce évidemment inexistant et  remettre le document à sa maîtresse, espérant que cette dernière lui laisserait un peu de répit.

C'était sans compter la célérité de la jeune femme, qui va s'empresser de joindre ce document à un dossier de mariage qu'elle va déposer à la mairie d'Avignon.

L'officier d'État civil va vite comprendre la difficulté, et après avoir obtenu confirmation par la mairie qui avait célébré le mariage que ces derniers n'ont jamais reçu le moindre divorce à transcrire, transmettra ce dossier au procureur de la république avec les suites que l'on connaît.

Ce matin, il comparaissait devant le tribunal, heureusement pour lui accompagné de son épouse. Je dis heureusement pour lui non pas pour les besoins de sa défense, mais parce que cela signifie qu'il n'avait finalement pas tout perdu de cette aventure et que son épouse avait fini par accepter de le pardonner de lui donner une seconde chance.

Portalis, célèbre rédacteur du Code civil disait :

« En mariage, trompe qui peut ».

Ce dossier nous enseigne qu’ en matière d'aventures extraconjugales, il n'est pas si facile de tromper son monde et que, à un moment donné ou à un autre, il faut rendre des comptes.

Cet homme a été particulièrement atteint par toute cette histoire puisqu'il en a fait une tentative de suicide, et a été hospitalisé dans un centre de repos pendant quelques jours après que cette affaire ait éclatée.

Le tribunal en a parfaitement pris la mesurer et  l’a condamné à une peine d'amende, excluant l'inscription de cette condamnation de son casier judiciaire.

Il ne put s'empêcher de jurer, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.


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