Ne croyez pas que nous soyons des masochistes dans l'âme, passant notre temps à lutter contre un appareil judiciaire qui reste sourd à nos arguments pourtant fondés.

 

Il est des jours ou tout va bien.Certes, ils sont rares mais ils nous permettent de continuer à croire que nous ne nous battons pas pour rien.

 

En Mai dernier, je défend pour la dixième fois un jeune garçon devant une juridiction correctionnelle.

J'ai connu ce garçon en 2004, il avait 17 ans et venait d'être victime d'un vieux monsieur, qui aprèsl'avoir abordé à la sortie du lycée avait fini, à grands coups de cocaïne et d'alcool, par parvenir à ses fins et l'avait violé.

 

La justice a jugé le vieux monsieur, mais pas pour viol.

Il a été condamné pour incitation de mineurs à la débauche, ce qui sous entendait que le mineur avait été consentant.

 

Mathieu ne l'a jamais accepté, et a sombré dans un marasme psychologique le conduisant peu à peu vers un véritable suicide social.

Pour faire court, il multiplie les passages à l'acte désespérés :

Il va tout d'abord casser la figure à son agresseur, dégrader sa voiture et son appartement.

Puis il va braquer avec un pistolet en plastique la supérette situé au pied de son immeuble.

 

Cette fois ci, il s'agit d'une société de fournitures électriques, à 100 mètres de chez lui, avec un couteau de cuisine.

Il a déjà subi tout les types de sanction, du travail d'intérêt général à la prison ferme, sans oublier les passages répétés au CHS local même sous le régime de l'hospitalisation d'office.

 

Le parquet requiert une peine de 3 ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve.Le tribunal déclare le prévenu coupable, mais ajourne le prononcé de la peine à un an, imposant au jeune homme de se soigner et de poursuivre ses efforts pour, une bonne fois pour toutes, en finir avec la délinquance.

 

Le parquet a fait appel de cette décision et j'ai plaidé ce dossier ce matin devant la cour d'appel.

La cour a confirmé en toutes ses dispositions la décision du tribunal, tenant compte des efforts que celui ci avait engagé dés sa sortie du tribunal.

La cour lui a rappelé, comme l'avait fait le tribunal, qu'il s'agissait là de la dernière chance et que la balle était dans son camp.

Il pourra aller à son prochain rendez vous avec sa psychiatre jeudi prochain à 14 heures, et tenter de trouver la clef qui le conduira vers un mieux être.

 

Tant que les juges seront accessibles à l'humanité, la quête ne sera jamais totalement vaine.


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