Je vous avais parlé il y a quelque temps de cette étrange histoire ou une petite fille avait été agressée sexuellement par son père, qui niait farouchement les faits. Il était tellement ivre qu’il ne se souvenait de rien.

Je suis allé plaider ce dossier devant le tribunal correctionnel de Valence cet après-midi. L'homme a depuis longtemps choisi un mode de vie marginale, et n'a pas d'adresse véritablement fixe, vivant dans un camion aménagé.

L'homme ne s'est pas présenté, bien qu'il ait été régulièrement touché par la convocation. Fleur n'étaient évidemment pas là, mais représenté par sa mère. Elle a expliqué comment sa fille avait totalement occulté ce qui s’était passé.Elle avait par ailleurs révélé ses inquiétudes pour l'avenir de la petite fille.

J'ai expliqué qu'à mon sens, ce dossier n'était pas un dossier où l'on jugeait un prédateur sexuel, mais une personne qui a depuis fort longtemps renoncé à toute dignité. La maman avait même expliqué que, lorsque Fleur rentraient de chez son papa, elle avait souvent l'habitude de qu'il avait vomi tout rouge…

 

Finalement  le système de défense de cet homme était relativement logique. Lorsqu'il avait sa pleine conscience, c'est-à-dire après 48 heures de garde à vue ou il avait dû rester sobre, il ne pouvait s'imagineragressant ce qu'il avait de plus cher.

Mais il avait aussi oublié cela.

Il était tellement sous qu'il avait vraisemblablement confondu la jeune femme qui dormait avec eux dans le lit avec sa petite fille.

Le problème de cet homme, c'est qu'il n'était jamais sobre. La présidente a, avec effarement, rappelé la consommation journalière déclarée par ce père de famille : 4 l de bière et 4 l de vin blanc ou rouge.

Je pense qu'il n'était pas en mesure d'affronter, non pas le tribunal, mais la vérité de ce qu'il avait pu commettre. L'expertise psychiatrique qui avait été ordonnée lors de l'instruction, donnait d'ailleurs un éclairage en ce sens. L'expert expliquait que le déni était finalement le seul moyen pour cet homme de ne pas sombrer,.

Il sera, dans la suite de ce procès où le procureur de la république a réclamé 18 mois d'emprisonnement dont 12 mois avec sursis et mise à l'épreuve, vraisemblablement déchu de son autorité parentale sur son enfant.

De toute façon, compte tenu de son choix de vie, son espérance de vie est réduite à la portion congrue. Finalement on peut se poser la question de savoir s'il n'est pas préférable pour Fleur de commencer d'ores et déjà à faire le deuil de ce père.

Au moment où je rédige ces quelques lignes, je n'ai pas encore la décision du tribunal correctionnel. Je pense qu'il suivra les réquisitions du ministère public.

De toute manière, pour la principale intéressée, tout ce débat est sans intérêt.

Elle a, un soir de 2010, dans un camion aménagé, perdu une partie de son enfance et ce père qui n’a pas su empêcher sa propre déchéance.


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