Depuis quelques jours, les médias rendent compte, médusés, du procès qui se tient en Norvège et qui a pour but de juger l'homme qui a tué méthodiquement 77 personnes.

Avec ce procès, se pose la question des limites de l'appareil judiciaire dans sa capacité à juger l'exceptionnel.

C'est tout l'honneur de la démocratie norvégienne que de juger cet homme comme n'importe quel criminel, sans aucune procédure d'exception.

Mais la posture qui est la sienne rend particulièrement insoutenable la tenue de ces audiences. À l'écouter, on hésite entre l'horreur et l'incrédulité. Il prend un soin tout particulier à aborder les faits avec une froideur et une méthode qui exclut toute empathie vis-à-vis de ses victimes.

Il a même été jusqu'à expliquer aujourd'hui qu'il avait donné le coup de grâce à la plupart des corps qu'il avait retrouvé car, dit-il, certains faisaient le mort.

J'ai une pensée pour toutes ses victimes et les familles de ses victimes qui suivent ce procès et je me pose véritablement la question de savoir comment il leur est possible de supporter tout cela. Ils sont confrontés à l'horreur des faits et à l'insupportable comportement de son auteur. Je fais partie de ceux qui ont toujours considéré que même si le procès été fait pour statuer sur la culpabilité d'un accusé présumé, la victime y avait toute sa place. Elle en est une partie intégrante, au même titre que l'accusé ou le représentant de la société.

Dans le cas qui nous occupe, il est très difficile de savoir si les victimes ont véritablement leur place à ce procès. Est-il nécessaire de rajouter de l'horreur sur l'horreur ? La confrontation avec la cruauté barbare de cet homme est elle nécessaire, thérapeutique ?

Il faudra encore des années avant de savoir quel aura été l'impact de ce procès sur ces gens. Nietzsche disait que ce qui ne tue pas rend plus fort, les victimes de cet homme ont aujourd'hui l'occasion de l'expérimenter.

La question qui se pose est de savoir si cet homme était fou moment des faits ou s'il était parfaitement conscient de ses actes.

Quand bien même aurait-il été parfaitement conscient de ses actes, ne faut-il pas être fou pour méthodiquement assassiner 77 personnes ?

La réponse est bien sûre positive, mais la question qui est posée n'est pas celle-là. S’il  était conscient de ses actes au moment des faits, il doit en répondre, même si ce procès ressemble parfois à une tribune donné à  un homme qui véhicule l'effroi à chacun de ses mots.


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