La petite Léa à 14 ans et demi. Elle aurait bien d'autres choses à faire ce mardi matin que de se rendre au palais de justice d'Avignon.

Elle est en troisième mais elle a déjà redoublé une classe. Mais ce matin elle ne peut pas faire autrement que de venir, puisqu'elle a été convoquée par un juge d'instruction.

Au mois d'août dernier, n'en pouvant plus, elle s'est confiée à sa meilleure amie pour lui dire que son père la violait régulièrement depuis quatre mois.

Cette petite en a fort naturellement parlé à sa mère, qui en a immédiatement parlé à la mère de Léa. Léa a déposé plainte et a été entendue par les services de gendarmerie. Elle a du  subir une expertise psychologique et un examen gynécologique.

Ce matin, elle doit rencontrer le juge d'instruction qui est en charge de cette enquête.

 Je la retrouve dans la salle des pas perdus du palais de justice, accompagné de sa mère. Elle a un petit sourire figé, qui en dit long sur son état de stress. Je tente, comme je le peux, de la rassurer pour lui expliquer que la juge a besoin de la rencontrer pour, elle aussi, se faire une idée et lui poser certainement des questions sur des précisions complémentaires qu'elle a besoin d'obtenir.

Après quelques minutes d'attente, le greffier vient nous chercher et Léa laisse sa mère pour m'accompagner car elle est seule à être entendue par le juge ce matin.

Elle va, pendant plus de 2:30,  répondre aux questions du juge d'instruction. Répéter ce qu'elle a déjà dit et qui lui fait si mal.

Avec beaucoup de tact et de délicatesse, mais parce qu'elle y est contrainte, la juge d'instruction  va lui donner connaissance de la position qui a été adoptée par son père.

 Il reconnaît les attouchements mais nie tout acte de pénétration sexuelle.

La réaction de Léa ne se fait pas attendre. Elle fond en larmes. Elle ne comprend pas qu'après lui avoir fait subir ce qu'elle a vécu, son père ne soit même pas capable de reconnaître l'entièreté des faits qu'il a commis sur elle. Elle explique que c'est finalement au travers de ces procédures que l'on découvre la véritable personnalité des gens qui nous entourent. Ce n'est évidemment pas sans incidence pour elle puisqu'il s'agit de son père.

Quelle que soit la difficulté pour Léa d'avoir à s’exprimer ce matin, elle en est finalement ressortie quelque peu soulagée.

Cela lui a fait du bien de pouvoir une nouvelle fois livrer son histoire à des gens qui l'ont cru.

Léa n'est pas au bout de ses peines.

Elle devra encore attendre de longs mois avant que son père ne soit finalement jugé par une cour d'assises. En attendant, elle doit reprendre le cours de sa vie pour éviter que les atteintes dont elle a été victime ne génèrent encore plus de conséquences.

Ce matin, une petite fille de 14 ans et demi a une fois de plus été obligée de grandir trop vite.


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