J’ai passé l’après midi avec un bébé formidable dans les bras.

Ce soir, comme depuis deux jours, cet enfant passera la nuit en prison avec sa mère.

 

 Cette idée m’est insupportable, même si il ne s’agit pas de remettre en cause une décision de justice à laquelle je ne comprends rien, ce qui est fort heureusement encore mon droit, mais d’expliquer qu’au delà de toute considération sur la culpabilité de sa mère, le fait qu’une des plus vieilles démocratie du globe ne trouve rien de mieux à apporter comme réponse judiciaire me remplisse d’effroi.

 

Qu’a t  elle fait ? Nul ne le saura jamais vraiment .Une histoire d’un monde qui nous est étranger, celui des gens du voyage. Un homme roué de coups par deux jeunes femmes, dont la maman du bébé. Pourquoi ? Se sont elles, comme elles le prétendent, défendues ? Existait il un contentieux entre ces gens ? Nul ne le saura jamais car dans ce monde, la justice se fait en interne et rien de ce qui est dit aux autorités n’est jamais vraiment la vérité.

 

Parce qu’elle a déjà été condamnée à cinq reprises pour des faits de vols, elle se voit infliger une peine de six mois d’emprisonnement dont trois mois avec sursis et mise à l’épreuve, donc trois mois fermes avec maintien en détention.

Sa belle sœur, qui n’a pas de casier écopera de quatre mois de prison dont deux avec sursis, mais sans maintien en détention.

 

Elle peut retrouver les enfants de son frère dont elle a la charge, et son père diabétique, qui dépend d’elle pour ses injections d’insuline.

La maman, qui allaite son plus jeune enfant de cinq mois, ne verra plus sa fille aînée, âgée de cinq ans avant quelques semaines.

 

Il ne s’agit que de constats, pas de jugements.

 

Je me sens heurté dans l’idée que je me fais de l’humanité.

 

Les deux jeunes femmes racontent que le soir même de ces faits,  l’homme est venu sur leur terrain, accompagné, et qu’ils ont fait feu sur les caravanes et les animaux. Vérité ? La encore, nul ne le saura jamais, mais une chèvre est bien morte, et les caravanes sont bien truffées de plombs.

 

Tout cela méritait il qu’une jeune mère et son bébé se voient privés de liberté pendant trois mois ?

J’ai du mal à comprendre l’utilité d’une telle peine car elle est contraire à l’idée que je me fais de la justice.

Montesquieu ne disait il pas que l’on apprécie le degré d’évolution d’une société à la mansuétude dont savent faire preuve ses juridictions répressives ?

 

Je m’endormirais ce soir avec, face à moi, le regard pétillant de ce poupon.

 

Je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’a rien fait et sa mère pas grand-chose, pour mériter cela.


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