Je pense que vous avez été nombreux à suivre cette série originale sur Canal+. En dehors des performances artistiques qui sont indéniables de quelque côté de la caméra que l'on se place, j'ai été, pour la première fois, agréablement surpris de la manière dont le monde dans lequel j'évolue tous les jours a été dépeint.

Loin de moi l'idée de dénoncer des querelles d'influence systématique dans la magistrature, ou des querelles de services au sein même de la police, mais il y a dans cette série de véritables accents de vérité.

Pour une fois, tous les hommes et les femmes évoluant dans ce monde sont dépeints comme des êtres humains : perfectible, parfois fragile, sujet aux aléas de leur propre vie, influençable.

Le fait que ces gens soient dépeints comme nos semblables donnent à cette fiction une touche de réalité indéniable.

Mais plus encore que la manière de dépeindre les hommes, c'est la manière de décrire le fonctionnement  des institutions et des administrations dont nous dépendons tous qui a forcé mon admiration.

Ce n'est pas faire injure à la magistrature que de constater que certains de ses membres sont à la fois incompétents et protégés.

Ce n'est pas insulter la police que de savoir que certains chefs de service sont peut-être plus intéressés par leur plan de carrière que, dirons-nous, par tout autre chose.

Ce n'est pas non plus salir la robe que je porte que de dire de certains de mes confrères qu'ils ont pu franchir la ligne jaune.

En dehors de son côté  pédagogique, cette fiction permet aussi de montrer au public l'extraordinaire difficulté de l'exercice de certaines fonctions. Finalement, plus la responsabilité est grande, plus le risque d'être atteint par des pressions ou des corporatismes est important.

Lorsque l'on voit les agissements dans cette série de certains policiers, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec l'actualité et les mésaventures de la BAC  de Marseille.

« Et ne nous soumets pas à la tentation… »

Il est bien difficile de dire ce que l'on serait capable de faire face à de telles sollicitations. Les petits caïds des cités brassent des sommes d'argent qui dépasse l'entendement d'un fonctionnaire. On parle de racket ; je pense, pour en avoir été moi-même victime, qu'il y a dû y avoir de sérieuses sollicitations ou, en échange de quelques liasses, les yeux devaient regarder ailleurs.

Si vous acceptez ne serait-ce qu'une seule fois, c'en est fini de votre indépendance et de votre liberté.

Avant de jeter l'opprobre sur ces gens au métier si difficile, prenons quelques minutes de notre temps pour imaginer ce qu'a pu être leur quotidien.

Et ce à quoi nous aurions su résister si nous avions été à leur place.


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