Je voudrais revenir sur les deux dernières affaires que j'ai eu l'occasion de plaider aux assises, et à l'occasion desquelles j'ai eu a assister trois très jeunes femme qui avaient, dans leurs enfances, été victime de viols.

D'un côté, deux sœurs, d'une famille de maraîchers dans le Vaucluse, vivant quasiment en vase clos, passant la plupart de leurs vacances dans les champs à aider leurs parents.

Dans l'entourage de cette famille, le demi-frère de la mère, agé de six à huit ans de plus que les deux jeunes filles, omniprésent dans leur entourage.

Les deux fillettes seront victimes de cet homme, qui les violera, une fois pour l'une d'entre elles, mais pendant plusieurs années pour l'autre.

 

De l'autre, la fille unique d'un couple de cafetier d'une petite ville du Vaucluse. Si les deux autres vivaient recluses, ou presque, pour celle-ci c'est tout le contraire. Elle est libre, très libre, peut-être trop. Elle n'a que 13 ans mais ces formes la trahissent. Du coup, elle s'est prise au jeu et à parfois des attitudes que les services sociaux appellent des « conduites à risques ».

Une après-midi du début des vacances, elle est avec sa bande de copains et décide de ne pas rentrer chez elle. Rapidement, l'un d'entre lui propose de venir dormir chez lui, en tout bien tout honneur. Il lui précise même qu'ils feront chambre à part.

La réalité sera bien évidemment toute autre. Il la forcera avoir un rapport sexuel complet en étant contraint de lui poser un oreiller sur le visage afin d'étouffer ses cris. Il n'aurait pas fallu qu'elle réveille ses parents qui dormaient dans la maison…

 

Rien, a priori, ne permet de rapprocher ses trois filles. Pourtant, j'ai eu l'occasion de les défendre toutes les trois, et j'ai vu dans leurs attitudes des similitudes qui confinaient même parfois au mimétisme.

Oui, les souffrances vous sculptent, vous façonnent, vous changent.

Il y avait chez ces jeunes femmes une souffrance commune : leur regard sur les hommes, leur insécurité permanente sur le plan affectif, leur blocage dans la sexualité.

Elles ont pu chacune, et fort heureusement, commencer un travail de thérapie, auprès d'une victimologue.

Les blocages et les angoisses sont les mêmes. Le travail du victimologue accompli, elles se retrouveront alors, mais cette fois dans le même dépassement des épreuves difficiles qu'elles ont eues à surmonter.

Pour l'avoir déjà vécu, je suis certain qu'elles iront mieux, et c'est là l'essentiel.

Ils me tardent de vivre le moment  ou, dans quelques années, elles passeront la porte de mon cabinet pour me présenter leurs bambins. J'aurais alors encore une fois, et très égoïstement, l'impression d'être utile.


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