Cécile, aujourd'hui âgée de 25 ans, avait depuis fort longtemps enfoui les mauvais souvenirs qu'elle avait des agissements de son grand-père lorsqu'elle avait cinq ans.

Et puis, il y a deux ans de cela, sa soeur à une conversation avec elle. Elle expliquait que leur tante avait dénoncé des faits d'inceste dont elle avait été victime par son propre père. C'est à ce moment que Cécile a vu rejaillir en elle ces événements qu'elle avait vécu et dont elle ne savait plus s'ils étaient réels ou imaginaires.

Petit à petit, la triste réalité est venue envahir ses pensées. Comme une évidence, elle est allée porter plainte, comme l'a d'ailleurs fait sa cousine, victimes des mêmes faits.

Comme à l'accoutumée, le vieux Monsieur a nié les faits, arguant  d'un complot organisé par son propre fils pour des raisons financières occultes que personne, sauf lui, n'arrive à comprendre.

Les thèses étaient à ce point antinomique que le juge décida d'organiser une confrontation.

J'ai donc accompagné ce matin Cécile, revenu spécialement d'Australie pour cette confrontation avec celui qui a été son grand-père.

Le grand-père est arrivé avec dans les mains toutes les cartes postales que Cécile avait pu lui écrire depuis sa plus tendre enfance, chaque fois qu'elle partait en vacances. C'était pour lui un argument massue. On n'écrit pas à son violeur dit-il !

Et Cécile d'expliquer tranquillement au juge d'instruction qu'elle avait tout simplement occulté ces faits, qu'elle préférait penser qu'elle les avait rêvés et non pas vécus. Qu'elle n'en avait jamais parlé à personne et que par voie de conséquence, elle agissait vis-à-vis de son grand-père comme si rien ne s'était jamais passé. Il aura fallu l'intervention de sa sœur et les révélations de sa tante pour que la vérité ressurgisse à la surface de sa conscience.

Elle a bien évidemment maintenu les accusations qu'elle porte à l'encontre de ce vieux Monsieur. Il est, dans sa défense, pathétique et dérisoire.

Plus de 20 ans après les faits, à l'évocation de ces derniers, j'ai vu Cécile une nouvelle fois en quelque sorte régresser, se retrouver à l'âge qui était le sien au moment des faits, changeant presque de ton de voix.

 Il ne s'agit pas de comédie, il s'agit simplement de constater une fois encore que chaque fois qu'on demande à une victime de reparler des faits qu'elle a subis, elle les vies une nouvelle fois.

J’ose espérer une fois encore que ces réminiscences ne seront pas vaines et que le juge  considérera qu'il existe des charges suffisantes à l'encontre du grand-père pour qu'il soit traduit devant le tribunal correctionnel.


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