Je vous avais parlé, dans un article précédent, d'un jeune homme que je devais défendre devant la Cour d'Assises des mineurs du gard, les 7 et 8 février.

 

Il lui était reproché d'avoir commis un vol avec arme, accompagné de son cousin, d'une épicerie de nuit à Ales.

 

Je vous avais expliqué le parcours de ce garçon, dont le père avait été tué par les policiers, alors qu'il cambriolait une maison. Sofian avait 3 mois.

Sa mère ne supportant plus le visage de cet enfant qui ressemblait tant à son père, avait préféré le faire placer, et il avait ainsi été brinquebalé de foyer en famille d'accueil de l'âge de 3 mois à 14 ans.

 

Il avait commencé à commettre des délits et avait même été incarcéré quelques mois.

Pendant son incarcération, sa mère avait eu  une relation intime avec le meilleur ami de Sofian...

 

C'est quelques jours après sa sortie de détention qu'il avait commis les faits pour lesquels il était jugé depuis hier.

L'audience m'a appris qu'en plus de tout cela, le père de Sofian était accompagné du père de son co accusé lorsqu'il avait été tué.

 

Ce matin, l'avocate générale a requis contre Sofian une peine de 12 ans de réclusion criminelle, et a demandé 8 ans contre son co accusé.

 

J'ai plaidé cet après midi, et , à l'heure ou je rédige ce billet, nous sommes dans l'attente du verdict, la cour étant partie délibérer depuis 1h30.

 

J'ai essayé de faire partager à la Cour le sentiment de gâchis incroyable que m'a inspiré cette histoire.

 

Comment rendre cet enfant responsable du parcours catastrophique de vie qui a été le sien ?

 

Qu'auriez vous fait de votre vie si vous aviez eu les mêmes circonstances que lui ?

 

L'accusation a parlé de choix délibéré de délinquance!!!

 

J'étais ulcéré, mais j'ai préféré rester sur tout ce qui avait pu lui manquer.

 

J'ai dit que ce matin, j'avais pris un peu plus de temps qu'à accoutumée pour réveiller mes enfants et leur dire à quel point je les aimais et que j'étais fier d'eux.

J'ai fait remarquer à la Cour et aux jurés que ces mots n'avaient vraisemblablement jamais été entendu par Sofian.

 

Comme chaque fois à ces moments là, j'ai peur. Peur de n'avoir pas su faire comprendre à ces gens, peur de n'avoir pas dit ce qu'il fallait pour les convaincre.

 

Je vous dirais demain à quelle sauce ces deux là ont été mangés.

 

J'ai fini de plaider en disant que l'avocate générale leur avait livré mon client, mais que pour ce qui me concernait, je le leur confiais...


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